166. Jean-Marc, 49 ans, Guillain-Barré à 49 ans

166. Jean-Marc, 49 ans, Guillain-Barré à 49 ans

J’ai 49 ans et en août 2012, je suis devenu tétraplégique en moins de 24 heures. Je me suis couché à 23 heures et j’ai été réveillé vers 4 heures du matin par des fourmillements intenses des 4 membres. Je me suis levé et très rapidement, j’ai constaté que mes jambes ne me portaient plus.

Mon épouse m’a transporté aux urgences d’un hôpital périphérique. J’ai continué à me paralyser et j’ai été vu par un neurologue qui ne m’a prescrit aucun examen complémentaire sous prétexte que c’était une aggravation d’une polynévrite connue. Je lui ai précisé que 24 heures avant je faisais du canoë et un mois avant encore, de la randonnée sans problème à 3000 mètres d’altitude.

Comme il n’y avait pas de place en Neurologie, on m’a adressé en Néphrologie avec une faible dose de veinoglobulines. Dans la nuit qui a suivi, j’ai manifesté mon angoisse car j’étais quasi paralysé. Le médecin de garde m’a soutenu que c’était à cause de l’angoisse.

Ah, j’oubliais de vous le dire, je suis médecin. Autant vous dire le jugement que je porte sur ces confrères qui n’écoutent même pas l’un des leurs !

J’avais gardé mon portable dans la seule main valide et j’ai appelé ma femme pour qu’elle me sorte de là car j’allais y laisser la peau. Arrivé au CHU, le diagnostic a été rapidement établi. Mon état s’étant nettement dégradé, j’ai été transféré en réanimation devant une détresse respiratoire et une dysautonomie cardiaque (j’ai été intubé, ventilé etc…).

Ça s’est compliqué encore d’un iléus digestif paralytique résistant à toutes les thérapeutiques sauf la Prostigmine. Après avoir survécu, ma chance, c’est une récupération de la marche en 2 mois avec une petite aide.

Je continue ma rééducation proche de mon domicile avec plein de petits soucis dont je n’ai pas à me plaindre tellement. Je respecte le courage des autres, de ceux qui ont croisé mon regard dans la souffrance physique et psychologique, pendant les séances de rééducation intensive au CHU. Je me reconstruis petit à petit. En effet collatéral, j’ai perdu mon travail car mon associée a manœuvré pour m’éjecter de la SCP en imposant un an de non concurrence. Histoire à méditer…


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